Femmes debout

25 juillet 2017

« Ma revendication en tant que femme, c’est que ma différence soit prise en compte, que je ne sois pas contrainte de m’adapter au modèle masculin ».

Simone Veil n’est plus. Nous avons été nombreux à lui rendre hommage, à saluer son parcours, ses combats pour la mémoire de la Shoah, pour l’Europe, pour les femmes.

Les avancées acquises pour les femmes sont réelles mais ne doivent pas masquer les injustices qui perdurent, commises à l’égard des femmes, parce qu’elles sont des femmes. Il en va ainsi quand dans un journal local, un individu qui se prétend journaliste use des termes suivants pour évoquer une Conseillère régionale d’opposition qui tente de faire son travail en application du principe démocratique : « pomponette », « gentiement croquée », « une jolie dame pourtant », « maquillée hélas comme un moka, délicate comme un camionneur pétomane qui ne se remet pas malgré ses porte-jarretelles », « pimpante DGA », « fendue comme sa robe d’une bafouille », ...

Idem quand le compte-rendu dit journalistique de l’audition d’une élue, dans le cadre de l’enquête préliminaire sur l’attribution des marchés de la NRL est relaté ainsi : « porte-jaretelles », « croisement de gambettes », « roucoulades », « essuyer la dégoulinante due à un excès de Rimmel », ...

Que dire de la caricature au caractère sexiste qui a accompagné
les mots ?

Ceux-là s’en prennent aux femmes en politique mais aussi journalistes quand dans ce même journal, le même auteur qualifie l’une d’entre elle de « bécassine hystérique ».

Voilà un temps que l’on aurait pu penser révolu. Il n’en est rien, la démonstration est faite publiquement et de façon hebdomadaire à La Réunion, en toute impunité et dans une indifférence effrayante, notamment des élu(e)s.

Le sexisme ne se subit pas, il se combat. C’est pour cela que cette tribune y est dédiée. Saluons la mémoire de Simone Veil mais surtout, soyons dignes de l’héritage qu’elle nous a laissé.

Le groupe La Politique Autrement